Un changement de cap - Vers un développement économique durable et solidaire |
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Prise de position de Gilbert Paquette lors du 2ème débat national
1. Financer le développement durable
Nous sommes face à un monde nouveau qui nécessite de nouvelles énergies, un changement de cap, de nouvelles façons de produire et de consommer, un développement économique durable et solidaire, qui exigera d’énormes investissements. Nous en aurons les moyens si nous nous donnons un pays complet disposant de tous ses moyens pour mettre fin à la fuite de nos épargnes à l’étranger.
Nos épargnes dans les comptes de banques, les caisses de retraites, les fonds d’épargne totalisent au minimum 300 milliards de dollars, soit trois fois le budget total d’un Québec souverain et 6 fois le budget actuel du Québec. C’est une somme considérable ! Mais, comme l’a démontré Rosaire Morin, 80% de ces épargnes sont investies à l’étranger. Dans aucun pays souverain, on ne laisse faire une telle fuite de l’épargne dépassant 20%. Elle est de 18% au Canada, 10% aux État-unis, 6% en France et 0% en Norvège.
En renversant cette tendance, nous disposerons d’un réservoir de plus de 240 milliards de dollars à investir dans le développement et l’avenir du Québec. Voilà pourquoi le premier des changements de cap!
Comme chef du Parti Québécois, je m’engage à mettre en place des mesures vigoureuses de sensibilisation et d’incitation visant à canaliser l’épargne prioritairement dans l’innovation et le développement durable et solidaire.
2. Investir dans la recherche et l'innovation
Pour le développement durable, encore plus que pour le développement tout court, la clef demeure la matière grise, la créativité et l’innovation. La création d’Hydro-Québec a été fondée, sur le développement des compétences québécoises. Elle a suscité la création des grandes firmes d’ingénierie conseil et de PME capables d’exporter le savoir-faire québécois. Aussi, il faut cesser de confier aux autres le développement des technologies de développement durable, comme cela s’est produit dans l’énergie éolienne et l’assainissement des eaux.
Sur la lancée du virage technologique dont j’ai été responsable dans les années 80, les dépenses en R&D ont augmenté de 1% à 2,09% du PIB, contre 2,47% pour la moyenne des pays de l’OCDE. Il reste donc beaucoup à faire.
Comme chef du Parti Québécois, je m’engage à développer nos outils collectifs d’innovation, à augmenter les investissements en recherche et en valorisation de la recherche, à soutenir la formation et l’emploi scientifique et technique pour rendre Montréal et les régions du Québec compétitives sur le plan mondial, pour garder et attirer au Québec les innovateurs et les créateurs d’emploi.
3. Contrôler et valoriser nos richesses naturelles
Le Québec possède 10% des ressources d’eau douce de la planète que nous avons le devoir de valoriser ici et dans des projets de solidarité internationale avec les pays dépourvus d’eau. L’eau du Québec doit être nationalisée, protégée, gérée publiquement.
Comme chef du Parti Québécois, je m’engage à donner des dents à la politique nationale de l’eau, à obliger les entreprises utilisatrices à payer des redevances à un Fonds national et à utiliser ce Fonds pour protéger la ressource et la valoriser dans des projets de transformation ici, par et pour les gens d’ici.
4. Faire face à la crise du pétrole
La crise du pétrole exige des correctifs immédiats et à long terme. Dans l’immédiat, il faut augmenter le taux d’imposition des pétrolières de plusieurs centaines de millions pour atténuer les effets dramatiques, particulièrement pour les camionneurs, les chauffeurs de taxi et les citoyens des régions éloignées.
D’ici environ cinq ans, la demande de pétrole va dépasser l’offre mondiale, créant une augmentation continue des prix, jusqu’à épuisement de la ressources d’ici 30 ou 40 ans. Il faut nous préparer à éliminer progressivement notre consommation de pétrole, par l’économie d’énergie, les énergies alternatives, par une politique vigoureuse de transport en commun.
Le transport est responsable de 38% des émissions des gaz à effet de serre. Pendant que le Québec dépense à l’étranger 21 milliards $ par année dans des achats liés à l’automobile et aux carburants, le Gouvernement réduit ses investissements et son financement dans le transport en commun. Il faudrait investir sous peu au moins 5 milliards de dollars dans les infrastructures, les trains de banlieue, la conversion des autobus et des taxis, les transports gratuits dans les centres villes.
Comme chef du Parti Québécois, je m’engage à prendre les mesures fiscales pour contrer à court terme les hausses des prix de l’essence, et à mobiliser les ressources financières de l’État et les épargnes québécoises pour investir massivement dans le transport en commun, les économies d’énergie et la conversion aux nouvelles énergies.
5. Soutenir l’économie sociale
Soutenir l’économie marchande n’est plus suffisant! Depuis les années 70, les gains de productivité ne créent plus d’emplois. Ils en détruisent! L’augmentation de la richesse de quelques-uns doit être canalisée dans l’emploi du plus grand nombre, vers les différentes formes d’économie sociale qui ont démontré une extraordinaire vitalité au Québec : agriculture sociale, systèmes d’échange et de services locaux, ressourceries, logiciel libre.
Comme chef du Parti Québécois, je m’engage à développer l’économie sociale, à augmenter les fonds des Centres locaux de développement, à augmenter le soutien de l’État aux acteurs de l’économie sociale, en jumelant ces développements à l’instauration progressive d’un revenu de citoyenneté.
Conclusion
Déjà en 1984, j’ai rédigé le manifeste de l’Exécutif national et, l’année suivante, après ma démission du conseil des ministres, j’ai coordonné la rédaction du programme du RDI qui soulignait la nécessité de nous réorienter vers de nouvelles façons de produire et de consommer.
Vingt ans plus tard, les coûts énormes et les risques pour l’être humain de la croissance aveugle et déréglée ne peuvent plus être tolérés. Ils entraînent le chômage, alimentent la pauvreté et mènent à un gaspillage croissant des ressources de la planète.
Est-ce dans ce genre de société que nous voulons vivre? Préférons nous, comme le recommandent les néo-libéraux et certaines membres de notre parti, nous préoccuper surtout de réduire la dette, de réduire le rôle de l’État, laissant aux générations futures un pays sans dette, mais pollué, sans ressources énergétiques, plus pauvre sur tous les plans?
Comme chef du Parti Québécois, je m’engage, à partir du 16 novembre à préparer au sein de notre parti une politique de développement économique durable, à en intégrer les principes dans un véritable contrat social discuté avec les forces vives de la nation, à en faire un enjeu de la prochaine campagne électorale, comme politique centrale de ce Québec libre, souverain, indépendant que nous allons nous donner!
Voilà pourquoi l’indépendance du Québec est si urgente!Pour surmonter la crise énergétique, pour développer l’emploi, pour préserver nos milieux de vie, pour créer de la vraie richesse sur le plan social, nous devons léguer aux jeunes générations ce pays créateur et équitable auquel nous rêvons et dont nous serons fiers!
C’est notre pays, construisons-le!
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