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Venez, faisons ensemble du Québec un pays !

Un vaste projet pour l’emploi en régions et le peuplement du territoire

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Intervention de Gilbert Paquette, Rimouski, 26 octobre 2005 dans le cadre de la 5ème tribune national sur le thème du territoire.

Le développement économique et l’emploi ne sont pas distribués équitablement sur le territoire du Québec. Dans les sept régions ressources du Québec, en 10 ans, la population a diminué jusqu’à 7,8% en Gaspésie-Les Îles. Le Québec ne peuple plus son territoire!

C’est un défi tellement important que nous devons le relever collectivement, en tant que peuple. Les régions ont besoin du dynamisme de la Métropole et de la Capitale nationale et celles-ci ont besoin des régions. Nous n’avons d’avenir qu’ensemble, par une solidarité nouvelle entre les régions, dans un pays complet, souverain et indépendant.

La priorité dans les régions
Si l’on veut être vraiment lucide, la priorité n’est pas le paiement de la dette, mais le développement de l’emploi dans les régions afin de repeupler notre territoire en misant sur

  • la transformation des ressources,
  • la nouvelle économie,
  • le développement culturel,
  • l’économie sociale.

Prenons l’exemple de la forêt  :
Des années de laisser-faire ont conduit au rapport Coulombe qui propose de contrer une pénurie croissante en réduisant la cueillette de bois. Sur la défensive, pour contrer les pertes d’emplois, le gouvernement Charest, offre un minuscule plan d’aide dans lequel il n’y a pas un sous neuf dans l’aide directe à l’emploi. C’est un cataplasme sur une jambe de bois, sans vision d’avenir !

À l’opposé, la Suède et la Finlande, chefs de file dans la transformation du bois, pratiquent des politiques de reboisement depuis 80 ans, se donnent des stratégies d’investissement sur 10 ans, appliquent des politiques de réduction des frais de transport. Mais ce sont des pays souverains, capables de coordonner l’ensemble de leurs moyens dans de grands projets nationaux dans tous les secteurs. Pourquoi pas nous?

La nouvelle économie du savoir nous donne accès ces jours-ci à plusieurs milliers d’informaticiens, qui offrent leurs services sur l’Internet partout dans le monde : cela se fait aussi dans d’autres domaines. Si on peut travailler avec des professionnels partout dans le monde à partir de Montréal, pourquoi pas avec ceux de nos régions?

Soutenons les PME innovatrices, accélérons l’informatisation des régions éloignées, favorisons une autre approche de développement centrée sur la valorisation des compétences, du savoir et de la créativité, plutôt que sur la valorisation du capital.

Dans l’économie commerciale, les gains de productivité et la croissance économique ne créent plus d’emplois et même en détruisent. C’est le rôle de l’État de redistribuer la richesse au service du démarrage d’initiatives locales qui collent aux conditions concrètes de vie des collectivités. L’économie sociale se développe depuis plus de 30 ans, dans tous les coins du Québec : ressourceries, agriculture soutenue par la communauté, systèmes d’échange locaux, services sociaux et environnementaux de proximité, organismes culturels. On passe ainsi de la stricte rentabilité économique à la rentabilité sociale, tout en développant l’emploi localement.

Un vaste projet national de développement des régions et du territoire est possible.

À l’ère de la société du savoir, pour soutenir le développement de l’emploi dans les régions, il faut accroître les ressources d’information, d’éducation et de support à l’innovation disponible dans les régions et entre les régions.

  • investissons dans Télé-Québec, et dans le développement de la radio, de l’imprimé et de l’Internet, pour rendre accessibles à tous, les informations locales et régionales;
  • développons l’offre de services éducatifs à distance en région;
  • déconcentrons les sources d’expertises des ministères et des centres de recherche;
  • soutenenons l’emploi scientifique et technique en région, comme nous l’avions fait au Ministère que j’ai dirigé.

Pour financer les projets de développement en région…

Il faut canaliser l’épargne québécoise, dont 80% fuit à l’extérieur du Québec, contre 20% dans la majorité des pays souverains. C’était la grande idée d’Alphonse Desjardins. Il faut la reprendre! Notamment par des obligations émises par des fonds régionaux de développement, aussi alimenté par des redevances des compagnies utilisatrices des nos ressources naturelles, notamment l’immense réserve d’eau du Québec.

En 30 ans, nous avons investi des milliards dans l’Hydro-électricité. Avec la nouvelle génération donnons-nous un nouveau et emballant projet collectif, répondons au défi du développement de l’emploi dans nos régions et d’occupation de notre territoire. Canalisons nos ressources. Réussissons-le ce projet, comme nous avons réussi Hydro-Québec. La prochaine élection doit être le début de la construction du pays, dans toutes les régions du Québec.

Notre avenir est bloqué dans le Québec province. Brisons le carcan fédéral. Donnons-nous un pays à l’image de la créativité des régions, un pays complet, créatif dans toutes les régions, dynamique, solidaire, indépendant!

Souveraineté et décentralisation (conclusion)

Depuis plus de 30 ans on parle de décentralisation et de développement régional. On assiste à des promesses non tenues, un nouveau Gouvernement relance le projet et le lègue au Gouvernement suivant. Pendant ce temps, les régions se vident tranquillement, malgré tous les efforts des intervenants locaux.

Regardons la réalité en face! Notre parti, comme les autres, a un énorme défi de crédibilité à relever!

Dans le Québec province, le type de décentralisation que l’on peut faire demeure trop limité. On pourrait décentraliser en partie des responsabilités, mais pas les budgets que le Gouvernement du Québec n’a plus, étranglé financièrement par le déséquilibre fiscal.

Dans un Québec souverain, en rapatriant nos impôts, en mettant fin au dédoublement des Ministères, nous pourrons coordonner nos politiques et décider de nos choix, mais nous doublerons presque la fonction publique Québécoise déjà trop centralisée. Il faudra inévitablement prévoir une décentralisation massive des responsabilités, des budgets et d’une partie des fonctionnaires dans les régions.

Je suis pour une forme de fédéralisme à l’intérieur du Québec souverain, par la création de gouvernements régionaux dotés de pouvoirs, de responsabilités et de budgets, capables de soutenir les initiatives locales, d’administrer plus près des gens, certains services nationaux et d’assurer la continuité des efforts

Certains pensent qu’il faut se résoudre à fermer des villages, des villes, voire des régions. Je crois moi, qu’il est possible de renverser la tendance, d’initier un mouvement de retour aux régions, par une politique de peuplement et de développement régional, catalysée par un État québécois disposant de tous ses moyens et de tous ses choix.

Il faut remplacer la morosité politique actuelle par une volonté d’agir. Il est temps de se redire : « On est capable ».

La créativité et l’innovation dont font preuve les régions pour redresser leur situation méritent un meilleur sort que cet État provincial bloqué dans ses choix et ses capacités d’action, absent de la scène internationale où se joue une part importante de notre avenir.

Donnons-nous deux ans, pendant que nous sommes dans l’opposition, pour préparer, avec les intervenants régionaux, un audacieux projet collectif de décentralisation et de développement des régions comme enjeu de la prochaine élection, comme composante incontournable de l’accession du Québec à sa pleine souveraineté.

Entre l’élection et le référendum, établissons un nouveau contrat social basé sur une large autonomie des régions et l’engagement de ses artisans et posons les bases d’une démocratie participative, solidaire dans les régions.

Au référendum, donnons un pays à construire sur notre territoire, sur la base de notre créativité, par notre détermination de prendre en charge notre destin, donnons-nous les moyens d’un vrai changement, un changement de société, un changement de pays.

 
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