L’éducation dans un Québec souverain |
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Intervention de Gilbert Paquette - 6ème Tribune - 2 novembre 2005
Pour relever le défi de la société du savoir et de la mondialisation, l’éducation, la recherche et l’innovation doivent devenir la toute première priorité du Québec de demain. Pour y arriver, il faut un changement de cap. Pendant que les pays les plus avancés investissent massivement en éducation, les dépenses en Éducation au Québec des dix dernières années ont augmenté 4 fois moins vite que la richesse collective, le PIB, sacrifiés au déficit zéro et au déséquilibre fiscal.
Au secondaire, le décrochage scolaire augmente. 35% des élèves n’obtiennent pas le diplôme de fin d’études. Le taux d’abandon atteint jusqu’à 50% en milieu défavorisé.
À Montréal un élève sur trois fuit vers l’école privée financée à 60% par l’État, et une contribution de 3000$ par année, défrayée par les parents, pendant qu’à l’école publique, les ressources manquent pour les enfants en difficulté et ceux des milieux défavorisés.
Il faut mettre fin à l’éducation à deux vitesses! Investir dans l’école publique!
Je propose une lutte sans merci au décrochage , pour l’égalité des chances à l’école, quelle que soit la situation financière des parents :
- lançons des actions concertées dans les milieux défavorisés,
- augmentons l’aide aux enfants en difficulté d’apprentissage,
- fournissons de l’aide aux enseignants,
- investissons dans le matériel pédagogique moderne, notamment dans les ordinateurs à l’école, en nombre insuffisant dans les milieux défavorisés.
Au niveau des collèges le Gouvernement Charest ne parle que de remises en questions administratives. Les CEGEP sont une innovation québécoise réussie, une force active et un lieu de savoir indispensable dans toutes les régions du Québec, en particulier, grâce aux 35 centres collégiaux de transfert technologique, que j’ai mis en place il y a 20 ans.
Je propose de leur donner un deuxième souffle, pour soutenir les PME innovatrices et l’économie sociale des régions, adapter et diversifier les programmes de formation technique et assurer l’accessibilité de la formation continue aux adultes sur tout le territoire.
Dans la société du savoir, de nouvelles compétences doivent être acquises tout au long de la vie active. La Norvège, avec ses 700 000 personnes en perfectionnement continu sur 4,5 millions d’habitants nous donne un bel exemple à suivre.
Je propose de créer un vaste projet d’éducation continue à distance en utilisant les moyens technologiques modernes de l’Internet et du multimédia :
- facilitons aux jeunes adultes le retour aux études et la conciliation travail-famille-études;
- rejoignons les citoyens sur tout le territoire du Québec;
- stimulons la formation en milieu de travail en rétablissant l’obligation aux entreprises d’y consacrer au moins 1% de leur chiffre d’affaire.
À l’université, notre taux de diplômation est nettement insuffisant. Il suit la courbe de la richesse : 26% des personnes détiennent un premier cycle universitaire aux Etats-Unis, 22% en Ontario, 18,2% en Alberta et 17,3% au Québec.
Pour être vraiment lucide, pour augmenter l’accès aux études et la diplômation, il faut non pas augmenter les frais de scolarité mais les réduire, tout en augmentant les exigences de réussite auprès des étudiants et les moyens disponibles aux universités.
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Dans le Québec province, privées de ressources par l’étranglement fiscal du Québec, les universités et le monde de l’Éducation se tournent et se tourneront de plus en plus vers le fédéral, dont les initiatives structurantes en éducation augmentent constamment.
Aucun champ de compétence provinciale n’échappe au pouvoir de dépenser d’Ottawa. Voulons-nous que notre avenir en Éducation nous échappe ?
Reste l’autre alternative, la seule possible : devenir un pays comme les autres, un pays qui assure un avenir à sa jeune génération, celle de la société du savoir.
C’est pour eux et avec eux que je veux construire notre pays, un pays fondé sur un projet éducatif global, innovateur, productif, démocratique!
Conclusion
Avec les auteurs du manifeste « Pour un Québec lucide », nous nous entendons sur une seule chose : l’éducation et l’innovation sont des priorités absolues pour le Québec à l’ère de la mondialisation et du savoir. Là s’arrête le consensus. Réduire la dette n’est pas prioritaire, surtout pas en comprimant encore plus les dépenses ou en augmentant le fardeau des plus démunis de notre société.
Au contraire, investissons massivement dans l’Éducation et l’innovation par un impôt minimum aux entreprises, la récupération de l’évasion et de la fraude fiscale, une taxe éducation sur les revenus élevés, une obligation des entreprises à payer leurs pleins tarifs d’électricité, à payer des redevances sur l’utilisation de nos ressources naturelles, et surtout…
Mettons fin au déséquilibre fiscal en récupérant nos impôts et notre capacité d’agir par la souveraineté. Renversons la tendance actuelle à la décroissance en éducation au Québec.
- pour lutter contre le décrochage scolaire,
- pour investir dans les ressources d’enseignement pour l’égalité des chances dans le secteur public,
- pour développer la formation technique au collégial,
- pour financer un vaste projet d’éducation continue à distance
- pour ré-investir massivement dans l’enseignement supérieur et la recherche, dans l’aide aux étudiants.
La coordination des politiques économiques, sociales, fiscales, d’éducation et d’innovation est essentielle dans cette ère de mondialisation que nous vivons. C’est ce que le fédéral a compris en gardant ses surplus et en envahissant progressivement tous les champs de compétence provinciale dont l’Éducation.
Il nous reste à décider si nous mettons la capitale à Ottawa ou à Québec.
D’autres sociétés peuvent relever les défis de la mondialisation et de l’économie du savoir, parce qu’elles disposent d’États complets, souverains, misant sur la concertation et la responsabilisation sociale des entreprises, des syndicats et des autres acteurs, dans le cadre d’un nouveau contrat social, avec comme priorité l’Éducation.
Nous avons les personnes, les compétences et les ressources financières capables de réussir un nouveau projet éducatif national.
Pendant que nous sommes dans l’opposition, définissons ce projet avec les acteurs en Éducation et proposons-le à la population, comme composante de notre projet de pays progressiste, lors de la prochaine élection.
Mettons nous en route, dès le 16 novembre, vers un vrai changement, un changement de société, un changement de pays!
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