GilbertPaquette.org
Adhérer - FinancerEnvoyer un courrielS'inscrire à la liste d'envoi
Quoi de neuf
Ce que je propose
Plateforme
7ème tribune
6ème tribune
5ème tribune
4ème tribune
3ème tribune
2ème tribune
1ière tribune
Feuille de route
Textes
Venez, faisons ensemble du Québec un pays !

Une approche globale en matière de santé

Format imprimable

Intervention de Gilbert Paquette – 7 ème tribune nationale – Gatineau, 9 nov.2005.

Sur la question de la santé tout comme sur d’autres questions dont nous avons débattu au cours de cette campagne, le Québec est à la croisée des chemins.

Une approche très médiatisée ces jours ci propose des solutions comptables qui seraient des reculs de société. Il faudrait repayer la dette publique pour alléger le budget de l’État, pour ce faire, augmenter les taxes et les tarifs d’électricité en frappant les plus démunis, justement ceux qui ont le plus besoin du système public de santé, ou encore recourir au secteur privé en santé en amplifiant le phénomène de la médecine à deux vitesses.

Tous les experts reconnaissent que la principale menace à la santé est la pauvreté. En 96-98, il y avait un écart d’environ cinq années d’espérance de vie, et 14 années d’espérance de vie en bonne santé, entre les plus et les moins favorisés à Montréal.

Sur le plan international, le Japon et la Suède sont les pays développés ayant la plus haute espérance de vie et l’écart le plus faible entre riches et pauvres, tout en consacrant une plus faible part de leur PIB à la santé que le Canada et le Québec. Les États-Unis au contraire offrent l’exemple du système le plus privatisé, le plus coûteux, le plus inéquitable, pour une espérance de vie la plus faible de tous les pays développés.

La meilleure façon d’améliorer la santé des personnes et de freiner les dépenses en santé consiste à réduire les écarts de richesse, à améliorer l’environnement, à miser sur l’éducation et la prévention et à humaniser notre système de santé.

  • Accélérons la mise en place des groupes de médecine familiale pour un suivi intégré des patients et leur prise en charge de leur santé, pour diminuer les visites à l’urgence des hôpitaux de moitié, pour réduire les temps d’attente, pour contrôler la consommation des médicaments.
  • Diminuons l’usage et le coût des médicaments par la création d’un organisme public d’information et de formation des médecins et du personnel médical, à l’abri des compagnies pharmaceutiques et de leurs abus de marketing et de lobbying.
  • Maintenons la qualité de notre recherche médicale et accélérons le transfert des innovations pour accroître la qualité des soins de santé et réduire les délais de traitement.
  • Donnons-nous une politique vigoureuse de services à domicile en revoyant la rémunération à l’acte des médecins et en soutenant l’économie sociale dans le développement de services auxiliaires de proximité.
  • Créons un programme d’éducation à la santé et de prévention auprès de la population, à commencer par les CPE et les écoles, pour développer le goût des jeune pour la santé, contre la consommation de drogue, de cigarettes et de mauvaise alimentation.
  • Donnons-nous une politique nationale du sport et de l’activité physique, en ajoutant une heure d’activité physique par jour dans les écoles primaires, et en y développant les activités culturelles et scientifiques.

Pour atteindre nos objectifs en santé, pour contrer les effets du vieillissement de la population, il faut être capable de coordonner les politiques publiques autour d’un projet global sur quatre plans :

  1. Lutter contre la pauvreté et pour l’emploi, par la mise en place progressive d’un revenu de citoyenneté, pour aider les familles et favoriser la natalité.
  2. Assurer l’équité entre générations, non pas en payant la dette, mais en diminuant son poids dans le PIB, par l’augmentation de la richesse collective, et en faisant payer leur juste part aux évadés fiscaux, à commencer par le premier ministre Paul Martin.
  3. Canaliser l’épargne québécoise qui fuit à 80% à l’extérieur du Québec actuellement, dans le développement de l’emploi au Québec, dans toutes les régions, tout en favorisant l’immigration et l’occupation du territoire.
  4. Augmenter ainsi le 47% de la population en emploi qui contribue actuellement à l’effort collectif en santé. Pour maintenir cette proportion d’ici 25 ans, compte tenu du vieillissement de la population, il faudrait 140 000 personnes de plus en emploi, ce qui est peu en regard des 300 000 personnes qui se sont ajoutés ces 4 dernières années.

Un véritable projet collectif pour l’emploi et la santé exige la fin du déséquilibre fiscal et de l’étranglement budgétaire du Québec, la récupération des politiques sociales, économiques et fiscales gérées par Ottawa et leur coordination avec le développement de la santé et de l’Éducation.

Pour assurer la pérennité, l’accessibilité et la qualité des soins de santé au Québec, le statu quo n’est plus possible. Il faut passer à un autre registre, à un nouveau contrat social, à un nouveau rôle stratégique de l’État québécois.

Pour un Québec en santé, pour un Québec au travail, il nous faut un Québec maître de ses choix, maître de ses ressources, un Québec souverain et indépendant.

Conclusion

La question de la dette prend presque toute la place dans un certain discours soi-disant lucide pour faire face au déclin démographique et à la croissance appréhendée des coûts de la santé.

Il faut dire d’abord que ce déclin n’est pas inéluctable, on peut le renverser par une politique de natalité et d’immigration.

L’important pour l’équilibre entre générations est la proportion de la dette par rapport aux actifs qu’on laisse à la génération suivante. Sur ce plan il est clair que la prochaine génération est bénéficiaire quand on totalise les écoles, les hôpitaux, les routes, les installations hydro-électriques qui dépassent amplement les 120 milliards de la dette.

La vraie solution au déclin démographique est le développement de l’emploi et la réduction de la pauvreté, pas la réduction de la dette.

Moins les gens seront pauvres et plus l’emploi augmentera, plus les coûts de la santé seront sous contrôle et plus nous seront nombreux à les payer.

L’autre option, repayer la dette de moitié sur 20 ans économiserait 3 milliards $ d’intérêts à terme, mais au prix d’y consacrer 3 milliards $ par année pendant 20 ans.

Pour les cinq prochaines années, le Québec provincial devrait trouver 15 milliards de plus que les 3 milliards d’excédent des dépenses sur les revenus prévus! 18 milliards de coupures ou de taxes régressives en cinq ans, dans l’état actuel des finances publiques, est-ce bien lucide? S’y résigner parce qu’on recule devant la nécessité de se libérer de l’iniquité du régime fédéral, est-ce bien courageux?

N’en déplaise à tous ceux qui veulent exclure du débat, la question de notre avenir comme pays, l’indépendance du Québec est urgente!

Hors d’un Québec souverain, souhaitons bonne chance à tout gouvernement provincial qui voudrait contrer le déclin démographique, investir en santé et en éducation, sans les moyens financiers contrôlés de plus en plus par Ottawa! Bonne chance aussi à un gouvernement provincial qui voudrait convaincre Paul Martin et Steven Harper, de financer un projet de société progressiste pour le Québec! Bonne chance aussi dans les débats internationaux dont le Québec est exclus et où il leur faudrait aussi passer par Ottawa!

Pour résoudre les énormes défis de société qui nous attendent, nous avons besoin, comme les autres pays, de toutes nos compétences, /de tous nos budgets, /de toutes nos capacités d’interventions sur le plan international.

Voilà pourquoi la prochaine élection doit porter sur la souveraineté, une souveraineté incarnée dans un projet de société pour l’emploi, pour la lutte à la pauvreté, pour le développement durable, pour le réinvestissement en santé et en éducation, parce qu’il est urgent de libérer les énergies et l’imagination, de valoriser nos compétences, en nous donnant un pays créateur et équitable, un nouveau pays pour une société nouvelle!

 
Haut de page

Utiliser le contenu de ce site librement, en citant la source
Dernière mise à jour: 
Webmestre